Notre histoire

Guezno

La mairie vient d’acquérir le portrait du conventionnel audiernais Mathieu Guezno, récemment retrouvé à Pont-l’Abbé.

Guezno est sans conteste la grande figure de la Révolution à Audierne. Son tombeau peut toujours se voir au vieux cimetière Saint-Raymond, comme la maison où il vécut, dans l’ancienne rue Costé Cléden qui porte aujourd’hui son nom. Inutile de retracer ici la vie mouvementée de notre jacobin régicide: sa riche biographie par Jean Savina vient d’être rééditée.
Pourtant, jusqu’à présent, personne n’avait pu contempler son visage, tout juste savait-on que le personnage était grand et calme.
Cette absence sera bientôt réparée, car son portrait, récemment retrouvé à Pont-l’Abbé, rejoindra bientôt la mairie d’Audierne.

Comment cette toile a t-elle refait surface ?

À son retour d’exil, en 1830, Guezno avait récupéré dans sa maison de la rue Costé-Cléden, vendue en son absence, quatre ou cinq grosses malles de précieuses archives de son passé révolutionnaire. Mais entre quelles mains déposer son précieux trésor, pour éviter qu’il ne disparaisse à jamais ? C’est à ce moment que le vieux conventionnel fait la connaissance d’Armand du Chatellier, jeune homme de 33 ans qui fréquente régulièrement Audierne, où sa soeur Eugénie a convolé avec un Delécluse, dont la famille est proche de Guezno.
Une relation de confiance et d’amitié s’établit rapidement entre l’ancien Représentant du Peuple et le jeune libéral. C’est à lui que Guezno confiera ses archives, qui serviront à l’historien à rédiger les 6 volumes de son ouvrage « La Révolution dans les départements de l’ancienne Bretagne ».
Voici quatre ans, alors que nous préparions la réédition de la biographie de Guezno par Jean Savina, un indice nous avait mis sur la voie de la possible existence d’un portrait de Guezno, mais nos recherches étaient alors restées vaines.
Trois ans plus tard, fin 2016, une descendante de la famille du Chatellier nous signalait qu’elle venait de découvrir, dans sa résidence secondaire de Pont-l’Abbé, un portrait qui était, selon toute vraisemblance, celui que nous recherchions en 2013.

Un tableau peint par son ami Armand du Chatelier

Et en effet, ni l’identité du modèle, ni celle de l’auteur du tableau ne sont sujettes à caution : c’est bien le visage du conventionnel audiernais qui se dévoile ici et, nous avions vu juste, le peintre en est bien son ami Armand du Chatellier.
En effet, au coin inférieur droit de la toile (46 cm x 38cm) se lit l’inscription Guezno A. DR. 1838 et, au verso, Guezno représentant peint par A. du Chatellier 1837. De surcroît le lieu de la découverte – Kernuz – et son auteur – A. du Chatellier – viennent dissiper tout doute, s’il en était encore.
Il est donc possible, voire probable, que Mathieu Guezno lui-même, au soir de sa vie – le portrait semble avoir été terminé en 1838, l’année précédant son décès – ait pu toucher cette toile.

Si le portrait a été réalisé «sur le motif», en l’occurrence en présence de Guezno posant dans la maison où il mourut, rue du Château à Audierne, et non à Kernuz d’après croquis préparatoires, c’est bien un retour au pays qu’il va bientôt effectuer.
En effet, l’héritière du Chatellier ayant accepté de se séparer du tableau en le vendant à la ville d’Audierne, la toile, encore dans son jus, a été confiée à Isabelle Balavoine, restauratrice à Quimper, qui lui rend actuellement une seconde jeunesse.
Le portrait sera ensuite encadré dans les règles de l’art et accroché aux cimaises de la mairie. Après avoir passé près de deux siècles oublié en pays bigouden, le grand Guezno présidera désormais aux conseils d’une municipalité dont il fut autrefois l’âme pleine d’énergie et de sage modération.